Lorsqu’on est mère, on est très vite confrontée (et pendant longtemps), à la phase d’opposition d’un enfant. La question de l’autorité parentale peut être un sujet « brûlant ». Déjà parce qu’elle est souvent jugée et soulignée de l’extérieur , par l’entourage, créant ainsi quelques tensions ou culpabilité. Puis, parce qu’elle peut être remise en cause par les parents eux-mêmes, qui se sont oubliés ou se sentent oubliés, dans une parentalité positive peut-être extrême. En effet, mettre l’enfant (et ses besoins) au centre de son écoute peut très vite induire chez certains une forme de frustration.

Les limites de mon enfant intérieur

En fonction des personnes, l’autorité parentale peut vite devenir un sujet très sensible et remuant. En cherchant à s’affirmer, l’enfant nous confronte à nos propres limites. Faut-il percevoir le « NON » comme une confrontation ou l’expression des limites de l’individu (mère comme enfant)?

Lorsque l’opposition de l’enfant est difficile à vivre pour soi, il convient de regarder ce que l’on a vécu enfant. Enfant, pouvais-je librement m’exprimer? Ou devais-je faire face au « NON » catégorique de mes parents (sans explication)? Comment est-ce que je perçois le « NON » aujourd’hui? Comme un rejet? Un synonyme de « je ne t’aime pas »? Une porte qui se ferme?

Pourtant, tous les enfants sans exception, donc y compris moi, passent par la phase d’opposition.

Se tourner vers l’éducation qu’on a soi-même reçue, c’est l’occasion de se poser quelques questions essentielles :

  • Suis-je plutôt une créatrice ou un petit soldat?

De manière claire, ai-je tendance à suivre les règles, les normes, les lois? Ou suis-je dans la liberté de ma création? Un petit exercice simple permet de répondre à cette question. Posez-vous la question suivante « Quels sont mes désirs? Mes rêves? » Et essayez d’y répondre en fournissant le plus de détails possibles. En gros, évitez le simple « je souhaite être heureuse », mais essayez plutôt de définir ce que ça signifie pour vous. Alors? Vous trouvez cet exercice facile?

A votre avis, faites-vous partie de celles pour lesquelles créer est facile? Ou plutôt des enfants sages, « qui ne posent pas problème », qui suivent les règles? Et s’adaptent à ce qu’ils ont?

Or, on le voit bien, tout enfant est dans la création. Il pose un regard curieux face au monde…et justement la phase d’opposition est une phase où il exprime très clairement ce qu’il veut (et ne veut pas). Alors à quel moment, me suis-je, moi, écartée de mon potentiel de création, de ma créativité? Et surtout est-ce que j’ai envie que ce soit le cas pour mon enfant?

  • Ai-je envie de permettre à mon enfant d’être un créateur ou un petit soldat?

Alors tout d’abord j’aimerais vous rassurer. D’expérience, même si vous avez subie une forte autorité parentale, été éduquée pour être un bon petit soldat, obéir, et faire tout ce qu’on vous demande, il est possible de retrouver votre potentiel de créatrice. Comment? En retrouvant votre enfant intérieur! Ce n’est pas le sujet du jour, mais sachez que c’est possible! J’accompagne d’ailleurs des personnes sur ce sujet. J’y reviendrai certainement dans un autre article.

Mais pour votre enfant, celui qui est à vos côtés, que souhaitez-vous? Si vous aussi vous trouvez que c’est bien triste de ne pas identifier clairement ses désirs, de devenir un petit soldat, ou une coquille vide (cf. le bonhomme en conserve d’Alice aux pays des merveilles), il semble évident alors de permettre à votre enfant de garder sa réflexion, son recul sur les choses.

Libre…oui mais…

Favoriser la réflexion de son enfant, est essentiel. Là où nos parents ou grands-parents nous trouvaient insolents…peut-être y a-t-il un autre regard à poser. L’enfant en « répondant » ne cherche-t-il pas quelque part à mieux comprendre? N’exerce-t-il pas alors sa créativité, son esprit critique, en explorant d’autres solutions possibles, qui lui conviennent mieux?

Face à ça, on pourrait alors avoir tendance à se dire qu’offrir une totale liberté à son enfant serait une bonne chose. Je n’en suis pas personnellement convaincue. Et, pour avoir accompagner des parents sur le sujet, c’est même une très mauvaise idée!

En effet, si l’enfant a besoin d’une forme de liberté, d’un espace libre pour exercer sa réflexion et développer son cortex pré-frontal (développement du sens critique, de l’esprit d’analyse, favorise l’intelligence émotionnelle), il est également important voire vital pour lui de se sentir en sécurité.

Aussi, ne pas fixer de cadre, de cadre clair, avec de solides limites, peut générer chez un jeune enfant un sentiment d’insécurité. Dans sa tête, inconsciemment…il se dit « si papa ou maman n’arrive pas à m’empêcher de faire telle ou telle chose, comment feront-ils pour empêcher qu’un monstre me fasse du mal? » Et lorsque l’enfant se dit ça…à votre avis que se passe-t-il? Il peut rapidement devenir hyper actif, agité, voire violent…En gros, il éprouve un stress intérieur du fait de l’insécurité ressentie.

Alors que faire?…

Opposition ou autorité parentale positive ?

Face à l’opposition de l’enfant, on peut se sentir perdue, navigant entre des phases d’autorité et des phases de « je laisse couler ». Isabelle Filliozat a selon moi raison, quand elle explique que le « non » exprimé par l’enfant n’est pas une confrontation d’autorité tel qu »il peut être perçu par le parent…mais plutôt une recherche de son identité. En disant « non », l’enfant sous-tend que ce n’est pas lui, « c’est NON moi ». Mais alors, que signifie cette tension, cette envie parfois qu’en tant que mère, je peux ressentir? Avoir même envie de hurler « NOOONNN! Stop » à mon enfant? Ne s’agit-il pas également pour moi d’une tentative d’expression de mon identité?

A travers ce « NON que j’ai envie de crier », c’est mon enfant intérieur qui dit « NON ce n’est pas moi ». C’est une sorte d’alarme interne pour me faire prendre conscience (si besoin était) que je vais au delà de mes limites. Et bien sûr, qu’il est urgent de respecter cette limite sous peine de pertes et fracas.

Si je n’ai pas l’habitude de m’écouter, d’écouter mes besoins, cela peut-être l’occasion pour moi de le faire. Ce « NON! » que je sens en moi m’indique que je vais dans une direction qui ne me convient pas. Prendre le temps de comprendre pourquoi ça ne me convient pas et ce que je souhaite alors, me permet de retrouver cette phase de création originelle. En identifiant mes désirs face à mon enfant, je peux alors créer une situation qui va à la fois permettre une liberté à mon enfant mais dans le cadre fixé par mes limites propres.

A mon sens, mais je vous invite à vous questionner et me dire ce que vous en pensez, une autorité parentale bienveillante pourrait :

  • être construite en fonction de ses propres limites et non en réponse à des règles pré-établies. La limite que je transmets à mon enfant pourrait correspondre à ma propre limite et à sa mise en sécurité bien sûr (exclusion des dangers physiques ou moraux).
  • permettre un cadre sécurisant dans lequel l’enfant peut exercer sa liberté d’action, de réflexion, d’expérimentation.
  • permettre ainsi un respect et un équilibre des libertés de la mère et de l’enfant et non un sacrifice d’une des deux parties.
  • favoriser son regard critique
  • l’aider à respecter ses propres limites et à respecter celles des autres (les miennes pour commencer).

N’hésitez pas à commenter cet article! En me faisant part de ce que vous en pensez! A très bientôt!

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