Petite création originale sur la ressemblance entre les 4 membres d’une famille et les 4 éléments dans la nature. Dessin et texte de moi (Jessie THISSE). Petite histoire aux multiples interprétations.

L’eau rencontre la terre

L’homme se déchaînait contre ses flancs. Elle restait impassible. Il semblait furieux. « Tu ne me regardes pas ! Tu m’ignores ! Je veux que tu reconnaissances ma force, ma puissance » semblait-il exprimer. Les vagues de son ardeur frappaient violemment l’entrée de sa grotte.  Frustré, honteux, il suppliait. Il réclamait : un geste, un signe…prouvant sa domination. Mais l’impassibilité de sa douceur ne cessait de lui renvoyer son impuissance à lui. Alors du tréfond de son être, il pleura et les gouttes de son ardeur coulèrent doucement, cherchant à percer son antre. 

La terre rencontre le feu

L’homme avait réussi à la toucher profondément, la marquant à jamais par le feu filial qui grondait dans son ventre. Neuf mois s’écoulèrent. Son impassible douceur était en proie désormais à un violent incendie. Toutes ses valeurs, toute son organisation, ses habitudes se consumaient ! Plus de repères, de rochers auxquels se raccrocher. Sa vie, telle qu’elle la connaissait partait en fumée ! Elle sentait en elle le feu de la passion pour sa progéniture, la consumer toute entière. Elle ne serait plus la même. La naissance de son fils la transformait. Des cendres du passé émergea une famille, riche de la fusion de ces éléments.

Le feu rencontre l’air

Puis, la famille, s’agrandit. Une petite fille arriva. Plus de ravages. Rien à purifier ou transformer…mais un équilibre à trouver. Le fils n’avait plus besoin de se faire impétueux et virulent. Il venait de trouver une alliée. La ferme délicatesse de sa sœur le rassurait. Il n’était plus seul. Ils étaient deux.  Il se sentait plus fort, tout en étant plus calme. Il le savait, ils en feraient des choses ensemble ! Frère et sœur s’étaient reconnus. La famille devenait un foyer…

L’air rencontre l’eau

Mais la fille était loin d’être satisfaite. Un élément n’avait pas encore trouvé sa place dans cet équilibre ! Mais elle allait lui faire rejoindre les rangs ! Fissa ! Alors, telle une tornade, elle avança sombre et furieuse vers le coupable. Ses yeux semblaient crier « Pourquoi nous fuis-tu ? Pourquoi manques-tu à l’appel ? Nous avons besoin de toi ! N’as-tu donc pas honte de t’isoler ainsi ? » La fureur de son regard contrastait avec le calme apparent de son père. La mère assistait de loin au spectacle. Elle fut frappée en plein cœur par la beauté de celui-ci. La fille avançait toujours, faisant gronder une colère, que le père semblait absorber, comme la mer absorbe la puissance de la tornade. Telle une mariée qui sent ses peurs se désagréger au fur et à mesure de son avancée vers l’autel de l’Eglise, la petite semblait s’apaiser à mesure qu’elle se rapprochait de son père. Elle finit par se jeter dans ses bras pour un tendre câlin. Ça y est ! Chacun avait trouvé sa place. L’équilibre était trouvé.

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