Lorsque je suis devenue maman pour la première fois, ça a été comme un tsunami. Je ne m’attendais absolument pas à ce qui était en train de se passer. Et quelques années plus tard, à la mort de ma mère, j’ai compris qu’il y avait deux grands types de mères. Loin de moi de chercher à diviser le monde des mamans en 2 catégories. Il s’agit d’un constat très général, une première tendance qui apparaît à la naissance. Après chacune évolue dans un sens en fonction de ses choix ou ses expériences.

La mère qui a toujours rêvé de l’être

Il y a des femmes qui ont toujours rêvé d’être maman. Cela faisait partie de leurs rêves, parfois depuis l’enfance. J’ai pu constater que ces femmes, quelle que soit leur histoire donnait une vision « idéale » de la maman…voire même LA vision, le portrait de la « Maman ». Ces femmes ont l’air d’être nées pour avoir un enfant. Cela semble naturel, facile pour elles. Non pas que ça l’est, mais elles prennent du plaisir en nourrissant, choyant, leurs enfants. Souvent j’ai pu constater que ces mères ont alors beaucoup de mal à voir « l’oiseau quitter le nid ». Se séparer de leur enfant est source de souffrance et ça commence très tôt : mise à la garderie par exemple. Elles semblent ne faire qu’un avec leur enfant, rient avec lui, souffrent avec lui, s’épanouissent et grandissent avec lui. Elles ne se posent pas de questions et ressentent quasi-naturellement ce qu’il convient de faire.

Mais ce sont aussi des mamans inquiètes, des mamans pour lesquelles le sacrifice n’en est pas un car il est assumé. Elles fusionnent avec leur enfant…et trouvent leur bonheur ainsi. Du moins jusqu’à ce que celui-ci s’en aille. Vous entendrez ces mamans dirent en parlant de la naissance de leur enfant « ça a été le plus beau jour de ma vie ». Souvent on retrouve ces femmes dans un travail en lien avec l’enfance (mais pas forcément).

La mère qui aspire « à bien plus »

Animée par une croyance : « la mère parfaite »

Je fais partie d’un autre type de maman. J’ai toujours vécu en entendant ma mère dire que « la chose la plus merveilleuse qu’elle avait vécu dans sa vie et faite était de m’avoir mis au monde ». Ma mère a toujours rêvé d’être maman. Mariée à 20 ans, elle ne m’a eu que 14 ans plus tard. Enseignante, elle s’est occupée de plein d’autres enfants, y compris d’enfants de sa famille qu’elle a eu l’occasion de recueillir temporairement. C’était son rêve. Je savais que ce n’était pas le mien…mais j’espérais, moi aussi, que ce « serait le plus beau jour de ma vie »…

Sauf que pas Patatra ! Pas du tout ! J’ai eu plutôt l’impression d’une descente aux enfers. Ce n’était pas du tout ce que je m’étais imaginé. Moi qui avais un BAC +5, avais fait une prestigieuse école de commerce, travaillé pour un des plus grands cabinets de Conseil en Finances, bin je me sentais désarmée par le fait de donner le sein ou plus tard… de préparer un biberon ! Mon premier enfant pleurait tout le temps. J’avais mal (épisio), j’étais fatiguée (il ne dormait pas, quasiment jamais). J’étais à bout ! J’avais juste envie de fuir ! Et je comprenais alors les mamans qui abandonnent leurs enfants ! Pourtant chaque fois que j’étais éloignée de mon enfant, j’avais envie d’être auprès de lui. J’ai compris que ressentir ce mal-être ne voulait pas dire que j’étais une mauvaise mère. Mais cela m’indiquait que je n’étais peut-être pas la mère que j’étais destinée à être. Et pour ceux qui pensent tout de suite « au baby blues », détrompez-vous ! Et lisez la suite !

La première chose qui m’a sautée aux yeux étaient que je n’avais pas été préparée à être mère. J’avais suivi des cours de préparation à l’accouchement, mais il n’existait aucun cours de préparation à la maternité !

Comme un besoin de liberté…

Oui, bien sûr que je savais qu’un enfant pleurait ! J’étais même celle qui calmait les enfants des copines. J’étais douée pour m’occuper de ceux des autres avant d’avoir le mien ! Il se passait quelque chose à l’intérieur de moi de curieux… J’aimais mon enfant, j’étais contente de l’avoir eu, mais quelque part, je me sentais malheureuse, comme si je devais faire le deuil de ma « vie d’avant », comme si ce nouveau statut m’enfermait dans une réalité que je ne souhaitais pas : celle de me dévouer corps et âme à mon enfant ! J’ai toujours aimé les enfants et leur compagnie. Petite, je racontais des histoires (de ma pure invention) à mes petits cousins (je n’avais ni frère ni sœur). Mais enfant, je rêvais d’être chef d’entreprise. Je me voyais certes avec une maison, des enfants, une voiture, mais aussi une moto (ou une décapotable), signes pour moi de réussite financière et surtout de liberté !!! Alors me retrouver à la maison avec mon enfant…comment dire…je me ternissais !

La solitude de « la mère indigne »

En plus, mon entourage ne semblait pas comprendre ce que je vivais. J’avais vraiment l’impression de passer pour une « mère indigne ». Quand j’évoquais mon mal-être soit certaines femmes se taisaient ou d’autres, comme ma mère «  ne comprenaient pas » ou me disaient « que c’était juste un mauvais moment », « que ça allait passer ». Sauf que non !

J’ai ouvert mon cabinet de Naturopathe. Mon premier enfant avait un an. J’avais décidé de ne pas m’enfermer dans mon rôle de mère, mais je culpabilisais.

Ma mère mourut, mon premier enfant avait 4 ans et mon deuxième 1 an. Sa mort a été à la fois une sorte de libération et de révélation pour moi. Je n’étais pas elle ! Elle avait pu être la mère qui se sacrifie mais ce n’était pas moi ! J’ai alors compris aussi que c’était juste comme ça.

Vers un troisième type de mère ?

J’ai eu alors à cœur de le « dénoncer ». Non ! Toutes les femmes ne s’épanouissent pas avec la maternité ! Non, ce n‘est pas notre rêve à toutes ! Et non, être mère n’implique pas de vivre que pour ses enfants ! Grâce à mon parcours d’experte en Bien-être (naturopathie, Fleurs de Bach, Neurosciences, Energétique, Coaching émotionnel…), j’ai pu développer une nouvelle manière d’être mère : suivre mes rêves et inspirer mes enfants ! Une manière d’être mère tout en étant femme, tout en étant entrepreneure ! Et j’ai pu constater qu’en étant pleinement moi-même et en suivant mes rêves, je permettais que s’installe dans mon foyer plus de joie, de plaisir, de respect.

Une maternité épanouissante pour tous

Mes enfants sont autonomes, respectueux. Mon fils est un enfant à haut potentiel. Mais contrairement aux enfants dits « zèbres comme lui », il est très sociable. J’ai fait un énorme travail émotionnel sur moi-même et avec mes enfants. Je prends désormais beaucoup de plaisir à les voir s’épanouir, à les laisser libres d’être comme ils le souhaitent…tout en l’étant moi-même. J’ai découvert qu’on est maman. On a toutes à cœur le bien-être de nos enfants, c’est peut-être une part d’inné en nous. Mais ce n’est pas pour autant que certaines ne peuvent pas en souffrir. Il faut peut-être se faire accompagner pour que ce soit plus simple et léger.

Les origines de ces différences

Les origines de « la mère-née »

De ce que j’ai pu observer à travers ma propre expérience et à travers l’observation de mes clientes. Souvent les mamans qui trouvent leur « voie » dans la maternité sont celles qui ont besoin de « réparer » quelque chose de leur enfance. S’occuper de leur enfant semble être en même temps un travail de réparation de leur propre enfant intérieur. Parfois parce que leur propre maman a été absente (physiquement ou psychologiquement).

Les origines de la mère en quête de liberté

Le deuxième type de mères semblent être consécutif au premier. Souvent les mamans qui aspirent à se libérer sont celles qui ont précisément eu un modèle de mère qui avait tendance à se sacrifier à faire passer ses enfants avant elles. Quel que soit le type, chaque mère porte en elle une histoire, son histoire. Chaque femme a besoin de réparer quelque chose pour mieux être. Et s’il existait un troisième type de maman ? Celui qui permet d’être soi simplement ? Une maternité qui permet à ses enfants d’être aussi eux-mêmes? De ne pas se sentir responsable du bonheur de leur mère ou à l’inverse du mal-être de celle-ci ?

La « fibre maternelle », une stratégie politique pour augmenter la productivité ?

La vision restrictive de la mère idéale, aimante et maternante, qu’on peut dire limite « sacrifiée », fait malheureusement beaucoup de mal à certaines mamans : à la fois par le regard critique et culpabilisant qu’elles se portent à elles-mêmes, mais aussi par les remarques et attitudes de leur entourage (y compris leurs conjoints) qui n’a aussi entendu que « la version idéale » de la maternité.

Est-ce une version idéale ? Ou est-ce un produit de la société pour inciter les mères à s’occuper de leur progéniture afin que les hommes soient plus productifs ? Je m’interroge surtout quand on observe certains pays qui pratiquent ouvertement « cette politique » comme le Japon ou l’Allemagne.

Maman-née ou maman libre, peu importe…et si chaque mère trouvait sa propre voie de bien-être. Celles d’être heureuse pour elle et par elle-même? Car après tout, de quoi les enfants ont-ils besoin si ce n’est d’une maman heureuse ?

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